Formations et diplôme

Les étudiant-e-s témoignent


"Tous-tes n’en mourraient pas, mais tous-tes en étaient touché-es !"

Dans quel contexte et pour quelles raisons vous êtes vous inscrite à ce diplôme « égalité des chances entre les femmes et les hommes » ?

J’ai eu connaissance de l’ouverture du diplôme par une "des instigatrices", rencontrée lors d’un débat sur la mixité à l’école auquel je participais...La moitié d’un hasard, donc, puisque j’étais déjà engagée dans un travail collectif et syndical autour des questions d’égalité dans le domaine de l’éducation physique. En effet, depuis longtemps, nous avions mis le doigt sur les inégalités de résultats entre les filles et les garçons dans cette discipline. La mixité, bien qu’obligatoire depuis 1975, n’a pas atteint sa vitesse de croisière dans l’école. Dans le domaine des activités sportives, sous prétexte de différenciation corporelle, on a confondu différences et inégalités... Une conviction ne faisant pas une vérité, il était indispensable d’approfondir le sujet et le diplôme tombait donc "à point nommé", et m’a permis de comprendre les mécanismes en œuvre et d’enrichir mes arguments.

Quels sont les sujets qui vous ont le plus intéressés ?

Les multiples façons d’aborder la problématique ont permis de dresser un tableau exhaustif de la situation et d’en délimiter les enjeux. J’ai trouvé particulièrement "décapant" le travail sur la construction des stéréotypes et les identités de genre.

Dans les usages du corps, nul doute que ces questions sont tenaces, ouvrez un journal sportif pour vous en persuader...

En quoi cela a-t-il permis d’enrichir vos pratiques professionnelles ?

Professionnellement, il m’est beaucoup plus aisé aujourd’hui de mettre à jour les inégalités sans tomber dans le panneau d’un ordre corporel "naturel", justifiant la plupart du temps les écarts de pratique (et de notes) entre les filles et les garçons. J’en sors convaincue que la coopération et la co-éducation ne sont pas des outils suffisamment explorés dans le système éducatif et que l’expérience des deux sexes, comme le dit Nicole Mosconi[1], n’est pas prise en compte à égalité, en particulier en EPS

Et personnellement ?

Bien au-delà de mon activité professionnelle, dans chaque situation de vie, il m’est plus facile d’éclairer le fonctionnement des inégalités, qu’elles soient ethniques, sociales ou de sexe. Aucune ne fait l’impasse sur l’autre, mais au contraire, le travail de décryptage construit pendant cette année participe à leur mise à jour. L’ensemble des recherches que nous avons dû effectuer nous a permis d’acquérir des outils de réflexion et d’analyse, utiles à leurs mises à jour, propres à alimenter des débats qui ont été très vifs autour de nous. Pour réduire les inégalité, ne faut-il pas d’abord en être conscient-e, puis comprendre comment elles fonctionnent et pour quels enjeux ?

Le contenu du diplôme est particulièrement performant, ajoutez à cela un groupe très engagé, et vous aurez dès demain envie de vous y inscrire !



[1] Nicole MOSCONI est enseignante en Sciences de l’Education à l’Université Paris 10

Ouvrages : Egalité des sexes en éducation et formation, PUF, 1998 - Femmes et savoirs, la société, l’école et la division sexuelle des savoirs, L’Harmattan, 1994

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Olga de Saint-Jore, diplômée "Égalité des chances entre les femmes et les (...)
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